Saturday, February 28, 2009

Représentations de l’allégorie

L’allégorie est une créature d’origine grecque. Dans son acception la plus traditionnelle, l’allégorie a un corps humanoïde surmonté d’une tête animale, cornue. Généralement, la vache est un choix judicieux, mais on n’écartera pas le bouc, la chèvre ou le bélier. Pour des allégories montagnardes, le bouquetin est tout à fait acceptable, et il arrive que les allégories septentrionales soient identifiées par des têtes d’élans.

La figure est absolument déterminante à la définition de l’allégorie. Quelques traits notables sont les poils, qui doivent être longs, les dents, apparentes, les oreilles, inclinées, ainsi qu’un ensemble de marques et de rides rapprochant la physionomie de l’allégorie d’un masque. La figure doit également être longiligne, et le menton peut toucher la poitrine. Le manque de confort évident qu’un tel trait implique et pourtant justifié par le besoin d’impressionner, communément traduit par un allongement nécessaire de la figure.

L’allégorie est vêtue d’une longue tunique claire, ordinairement blanche. La tunique peut être un drap et ne doit laisser paraître que les mains de l’allégorie. Il est important que la tunique couvre les membres inférieurs de l’allégorie afin d’entretenir le mystère. Sont-ce des pieds ? Des pattes ? Des sabots ? Il est préférable de ne pas chercher à savoir. Une allégorie a d’autant plus de valeur qu’elle est difficile à lire. Une allégorie obscure est vouée à la reconnaissance publique, et il serait malvenu de lui ôter ce plaisir.

L’allégorie porte un attribut, généralement dans sa main gauche. Le bras tenant l’attribut peut être tendu, voire levé. On préfèrera doter l’allégorie d’une arme blanche, un glaive ou une épée étant les attributs les plus classiques. Certains modernistes proposent la hallebarde, mais on se gardera de ces excentricités qui ne sont qu’effets de mode et provocations futiles.

Enfin, l’allégorie doit avoir l’air noble. On ne rigole pas avec les allégories.